Sixième transplantation rénale chez une même patiente, une première médico-chirurgicale réalisée à l’hôpital Necker-Enfants malades, par le Pr Arnaud Mejean, chef de service d’urologie à l’HEGP

Sixième transplantation rénale chez une même patiente, une première médico-chirurgicale réalisée à l’hôpital Necker-Enfants malades, par le Pr Arnaud Mejean, chef de service d’urologie à l’HEGP

Communiqué de Presse

Il y a cinq mois, le 31 janvier 2015, des équipes de l’AP-HP (néphrologie-transplantation rénale, anesthésie-réanimation de l’hôpital Necker et urologie de l’HEGP-Necker des Prs Legendre, Carli et Méjean) ont réalisé pour la première fois en France – et une des premières fois au monde – une sixième greffe rénale chez une même patiente.

La patiente, âgée de 46 ans souffrait d’un syndrome hémolytique et urémique atypique (SHU-atypique), maladie génétique rare pouvant détruire les reins (et d’autres organes) par occlusions des petits vaisseaux sanguins. Cette maladie peut récidiver sur les reins greffés et les altérer rapidement en l’absence de traitement efficace. Deux jeunes sœurs de cette patiente étaient mortes de cette maladie à l’âge de 2 et 8 ans.

Prise en charge dès l’âge de cinq ans à l’hôpital Necker-Enfants malades, la patiente a alterné durant toute sa vie d’enfant et d’adulte des périodes de dialyse et de greffe rénale. Certaines de ses greffes rénales ont été perdues très rapidement par une récidive de sa maladie.

Durant les dernières années des progrès considérables ont été effectués dans la compréhension des mécanismes et des traitements des SHU atypiques. Le rôle du système du complément, ensemble de protéines impliquées dans les défenses immunitaires, a été bien établi dans les mécanismes du SHU atypique. Le laboratoire d’immunologie de l’HEGP et les services de néphrologie de l’hôpital Necker-Enfants malades ont joué un rôle essentiel dans l’établissement de ces progrès et ont contribué au développement d’un médicament nouveau, l’éculizumab, qui permet de bloquer le complément et donc cette maladie et ses conséquences destructrices sur les petits vaisseaux, les reins et les greffes.

La greffe rénale, réalisée par le Pr Arnaud Mejean, a duré cinq heures. La patiente avait déjà été greffée cinq fois et la sixième greffe a été rendue particulièrement complexe par les très nombreuses interventions antérieures et les difficultés vasculaires. L’administration précoce d’éculizumab – en plus du traitement immunosuppresseur – a permis des suites favorables, sans aucun signe de récidive du SHU. Un peu plus de quatre mois après la transplantation, la fonction rénale est strictement normale.

Cette première illustre les espoirs qui peuvent naître de l’union des progrès scientifiques et médicaux associées à une prouesse chirurgicale.

La transplantation rénale est par essence une spécialité médico-chirugicale. Dans ce domaine, les équipes de l’AP-HP ont joué un rôle pionnier dans le monde depuis plus de 60 ans. En réalisant 627 greffes rénales en 2014 dont 130 à partir de donneurs vivants (21 %), l’AP-HP s’illustre comme un des premiers centres mondiaux pour le nombre de greffe réalisés ainsi que pour les travaux de recherches publiés, avec une volonté permanente d’améliorer l’écoute et la qualité de la prise en charge des patients.